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Récré de la discrète : la veille #compol #compublique du moment - Communication discrète
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Récré de la discrète : la veille #compol #compublique du moment

La récré de la discrète

Récré de la discrète : la veille #compol #compublique du moment

C’est léger, et cela se mange sans fin… C’est l’heure de la récré, et de la distribution des bons et mauvais points de communication politique et/ou institutionnelle en ce beau début du mois de novembre.

Le bon point

Il est souvent très difficile de trouver des posts originaux ou innovants en communication politique et institutionnelle. Cependant, la vidéo en format carré présentant le #PlanÉtudiant, publiée par le Gouvernement, a des qualités indéniables. Elle est brève, et associe le pragmatique à l’émotionnel, en prenant son point d’appui sur un fait, et en décrivant la réaction proposée par le gouvernement, présentée comme logique et efficace. C’est une forme d’argumentation scénarisée par le biais du storytelling et de petits personnages qui humanisent en quelque sorte ce qui n’est pour l’heure qu’un texte de loi. On appréciera la petite touche d’humour et de connivence avec une culture jeune, celle des jeux vidéos (Mario Bros).

Le mauvais point

Il y a des moment où un community manager s’ennuie terriblement. Mais comme il n’est pas payé pour s’ennuyer, mais plutôt pour tweeter ou poster, et que généralement, son cher élu apprécie de se voir en première ligne égocentrée sur chacun de ses posts, il tweete, et poste. Arrive alors ce tweet gênant qui ne dit rien que l’attente… lors de laquelle Messieurs Castaner et Collomb ont peut-être évoqué le résultat du dernier PSG-OM…

Mais las, de cela nous ne saurons rien. Nous aurons néanmoins l’ennui partagé d’apprécier une photo d’attente dans les ors de la République, avec au premier plan, une belle orchidée, plante qui fait écho au statut passif des deux protagonistes de la photographie. Et faisant preuve d’un ultime souci esthétique, vous noterez que le community manager de Gérard Collomb a pris soin d’appliquer un filtre noir et blanc à cette photo qui… ne restera sans doute pas dans les annales de l’éternité politique. Bref, il est de notre devoir de compatir à l’ennui du community manager et à son excès de zèle twitterien malgré l’atonie communicationnelle du moment, mais nous conseillerions plutôt la patience et le refus de l’inutile frivolité.

 

La nouvelle élève à suivre…

Elle s’appelle Jacinda Ardern, elle a de l’enthousiasme à revendre, puisqu’elle vient d’être élue première ministre en Nouvelle-Zélande, en plus d’un certain sens de la répartie, notamment face à des questions indiscrètes concernant le choix de la maternité ou de la carrière. Elle porte des bijoux, elle a les cheveux longs et ne s’est pas Simoneveilisée pour augmenter sa crédibilité (n’est-ce pas Marlène Schiappa ?).

La question de dissertation : le sondage est-il un argument démocratique ? Les amoureux de la France et la souveraineté du peuple

Le dépit (amoureux ?) semble avoir étreint les deux romantiques que sont Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Frédéric Poisson, fondateurs de la plateforme de sondage des #AmoureuxDeLaFrance, depuis l’émission du Quotidien, qui épinglait les questions plus démagogues que politiques du nouveau site ainsi que le danger de la base de données ainsi constituée. Nicolas Dupont-Aignan présentait lui-même cette initiative comme un « jeu de société politique », mais cette perspective ludique interroge. Peut-on en effet se satisfaire d’un jeu lorsque les enjeux concernent nos vies et celles de notre avenir ? Les enjeux mêmes de la politique ne font-ils pas que nécessairement, il soit davantage question non pas d’une liste d’idées approuvées par le plus grand nombre mais plutôt d’angles, d’axes de travail, de visions et pour paraphraser certains « d’une certaine idée de la France » ? Et par ailleurs, la validation par la masse est-elle gage de meilleur choix et de programme démocratique ? Rien n’est moins sûr, au vu des questions posées et des réponses logiques qu’elles attendent.

Il faut aussi rappeler qu’historiquement, la démocratie directe qu’on s’évertue à souhaiter, où tous participent, n’est pas forcément un idéal. Certes, la souveraineté du peuple est un idéal républicain, mais il est douteux qu’elle supposât, chez les révolutionnaires de 1789, un pouvoir total attribué au peuple sans instruction, raison pour laquelle le suffrage universel direct a longtemps été contesté. Elle passe, dans notre système de gouvernement, par la médiation de la représentation. Internet permet certes de générer des formes participatives directes, qui peuvent, par le nombre, rassembler une large part de citoyens. Mais cela reste à l’état de forme et non d’idée ou de concept, sans réel fondement, sans architecture ou construction systématique politique, et donc sans légitimité politique incontestable, puisqu’il est possible de « jouer avec », d’en constituer une base de données à user à bon ou mauvais escient selon ses propres idées. Le nombre ne peut, dès lors, s’il satisfait les éclats médiatiques du web, pas constituer une unité de mesure qualitative d’une politique. Tout au plus permet-il de construire ou déconstruire les e-réputations, ou donne-t-il des indications quant aux préoccupations des citoyens, mais cette analyse doit se vérifier à moyen et long terme pour être fiable.

Le point bonus Citrouille…

Est attribué à… la Police nationale, qui, à défaut de nous avoir effrayé, a eu le mérite de proposer une communication de circonstance, ludique et pédagogique (et nous a scrupuleusement interdit de nous déguiser en policier SM, ce qui est plutôt une preuve de bon goût)

L’on appréciera aussi (si l’on a bon goût) le déguisement de Clark Kent alias Superman qu’a étrenné le premier ministre canadien, Justin Trudeau, sur les marches du Parlement. Les détracteurs du personnage communicant qu’est Trudeau seront soit confortés dans leur idée d’un Frankenstein de la communication, mais il est indéniable que ces éléments concourent à donner une certaine humanité sympathique (et faussement spontanée) à la personnalité politique.

 

Anne-Catherine Baechtel

anne-catherine.baechtel@orange.fr