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Novembre 2016 : classement des politiques sur Facebook et Twitter - Communication discrète
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Novembre 2016 : classement des politiques sur Facebook et Twitter

Classement des politiques 2.0

Novembre 2016 : classement des politiques sur Facebook et Twitter

Chiffres et analyses concernant les dix personnalités politiques françaises les plus suivies sur Facebook et Twitter* en novembre et leur évolution.

Classement FacebookPersonnalités FACEBOOKMentions "J'aime"FollowersPersonnalités TWITTERClassement Twitter
1Marine Le Pen1 145 850 (+2,3%, +0,9% en oct.,+1,1% en sept.)1 802 650 (+1,9%, +1,9%en oct.,+2% en sept.)@fhollande1
2François Hollande981 500 (+1,8%,+1,3% en oct.,+1,4% en sept.)1 457 350 (+1,6%, +2,1% en oct.,+2% en sept.)@NicolasSarkozy2
3Nicolas Sarkozy978 350 (+0,44%,+0,17% en nov.,+0,14% en sept.)1 199 550 (+3,3%,+1,8% en oct.,+1,9% en sept.)@MLP_officiel3
4Marion Maréchal-Le Pen641 800 (+2,5%,+4,9% en nov.,+2,3% en sept.)903 400 (+2,3%,+3,4% en oct.,+1,7% en sept.)@JLMelenchon 4
5Jean-Luc Mélenchon548 250 (+10%,+3,0% en nov.,+6,6% en sept.)614 850 (+2,7%,+3,6% en oct.,+2,9% en sept.)@najatvb5
6Rama Yade369 750 (0%,0% en oct.,-0% en sept.)527 600 (+1,9%,+1,4% en oct.,+2% en sept.)@manuelvalls6
7Najat Vallaud-Belkacem364 600 (+1,7%,+2,4% en oct.,+2,5% en sept.)462 600 (+1,0%,+0,92% en oct.+0,84% en sept.)@RoyalSegolene7
8Christiane Taubira252 700 (+1,1%,+0,5% en oct.+0,85% en sept.)444 400 (+6,3%,+7,3% en oct.,+2,6% en sept.)@alainjuppe8
9François Fillon216 800378 250 (+1,3%,+2,7% en oct.,+1,4% en sept.)@Lagarde9
10Ségolène Royale213 850 (+1,1%,+1,2% en oct.,+0,99% en sept.)360 900@FrançoisFillon10

 

*Les chiffres ont été relevés le 1er décembre 2016. En temps normal, c’est le site www.elus20.fr qui permet d’obtenir ce type d’informations de l’ordre de la data. Pour une raison inconnue (et qui est quelque peu inconsidérée au vu de l’intérêt de ces chiffres en pleine primaire), le site n’est plus à jour et ne propose donc plus de chiffres valables. Vous souhaitez comparer avec les chiffres d’octobre : cliquez pour consulter le classement. 

Observations du mois

  • Le changement, c’est maintenant !

Il est de mauvais goût de récupérer un slogan de gauche pour un homme de droite, sans doute… Mais depuis août, c’est la première fois que notre classement mensuel est sujet à un changement, tous réseaux sociaux confondus… Preuve s’il en est que les mouvements sur le web ne sont pas si rapides. Soit : François Fillon entre dans notre classement Top 10 et Nicolas Sarkozy perd une place sur Facebook, se faisant ainsi dépasser par François Hollande. Sa candidature aux Primaire a décidément plombé notre cher ex-Président, qui, annonçant pour la deuxième fois son retrait politique, n’est, avouons-le, plus très intéressant à suivre. Les rois sont morts, vive les… ! 

  • Mélenchon monte… 

Une stratégie percutante et offensive, une invitation à partager régulière, la fondation d’une communauté autour de sa personnalité contestataire… Il semblerait bien que l’omni-présence de Jean-Luc Mélenchon sur tous les fronts et dans toutes les luttes paye sur les réseaux sociaux, malgré un graphisme contestable par son simplisme. Mais soit, nous sommes sur les réseaux sociaux et bien souvent la qualité ne prime pas sur la quantité,  et les résultats sont incontestables : + 10% ce mois-ci pour Jean-Luc Mélenchon. Comme Marine Le Pen, même si certains m’en voudront de rassembler les extrêmes (mais c’est un fait), il réussit à créer une personnalité fédératrice et contestataire, certes liée à des idées politiques différentes, qui plaît sur les réseaux sociaux.

  • De la relativité de ce top

Il faut remarquer que ce top repose uniquement sur les likes-follows déjà acquis des personnalités politiques. Néanmoins, si l’on observe des hommes politiques bien placés comme Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, nous devrions, par rigueur scientifique, indiquer que les chiffres sont faillibles, au regard des résultats de la Primaire de droite et du centre. Soit, mais il semblerait que plus que les chiffres, c’est le pourcentage de progression qui soit un bon indicateur, de la hausse de popularité collective et de l’intérêt suscité par une personnalité. C’est du moins ce qu’ont montré les Primaires. À vérifier dans les semaines à venir…

Ce que ne disent pas ces chiffres :

  • le gagnant des élections présidentielles (et cela vaut aussi pour les primaires)

 

Quelle que soit l’échéance, le nombre de likes ou de follows n’a pas d’incidence direct sur les urnes. On a d’ailleurs coutume de dire que les politiques sur internet ne prêchent qu’à un réseau de personnes déjà convertis. Cette vérité n’est pas certaine. Si sur Facebook, liker un candidat suppose souvent d’approuver partie (ou totalité) de ses idées, sur Twitter, suivre un politique ne relève pas forcément de l’adhésion, mais plutôt de la curiosité (voire d’un peu de voyeurisme). Certains politiques (Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon notamment) sont en effet hyperactifs sur les réseaux sociaux, et leur réactivité à l’actualité nationale et internationale engendre souvent des phrases chocs et de petits buzzs médiatiques qui captent l’intérêt des internautes.

En revanche, il est indéniable que le candidat le plus suivi dispose forcément d’un réseau de diffusion de ses idées plus étendu 2.0 que le candidat peu suivi. Cela ne vaut pas l’action de terrain et la place qu’ont toujours les médias « traditionnels » (presse, journaux, TV) mais joue d’une certaine complémentarité. Par ailleurs, les réseaux sociaux ont le remarquable intérêt pour chaque politique qui en use de lui permettre de biaiser l’information à son avantage, et de choisir ce qu’il souhaite mettre en avant de lui et des sujets qui l’intéressent (et son censés intéresser ses potentiels électeurs) : l’homme – ou la femme – politique devient son propre média.

  • le meilleur communiquant politique

 

Il serait bien simpliste de conclure que la communication de François Hollande sur Twitter est la meilleure de toutes sur ce réseau social, au vu de sa faible présence (moins d’un tweet par jour) et du peu de soin apporté à la présentation de ses tweets (liens vers Facebook ou absence de visuel). En revanche, la première position de François Hollande sur ce réseau social montre l’intérêt français et international pour le Chef d’État, amené notamment à réagir lors de crises telles que celles des attentats, et qu’il faut donc suivre pour être informé.

Par ailleurs, les chiffres de Facebook sont à relativiser, dans la mesure où nous ne savons pas dans quelle mesure et à raison de quel budget marketing chaque politique s’est investi sur ce réseau social. Les posts sponsorisés peuvent en effet créer un appel plus poussif à liker une page et permettre d’augmenter son nombre de j’aime. Marine Le Pen a par exemple encouragé lors d’une campagne Facebook ses militants et sympathisants à s’abonner en masse à sa page personnelle (et continue régulièrement de rappeler l’ensemble des réseaux sociaux sur lesquels elle est présente) pour atteindre le millier de personnes, disposant ainsi du réseau le plus conséquent de diffusion de sa communication.

  • le politique français le plus populaire

Les contre-exemples sont faciles à exposer. Au vu des sondages, certains politiques de tête du classement n’ont pas réellement le vent en poupe. Et pourtant, ils sont « aimés » (le côté « gentil » d’internet ?)

Ce que disent ces chiffres :

  • les personnalités politiques d’envergure nationale

François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Najat Vallaud-Belkacem, Ségolène Royale et Christine Lagarde sont très suivis autant sur Twitter que sur Facebook. On en déduira donc que tous sont d’une manière ou d’une autre, en tant que décisionnaire, opposant politique, figure étatique ou internationale, des personnalités dont la voix porte et dont les réactions et les avis comptent pour les Français.

  • l’évolution et l’efficacité de leurs campagnes sur les réseaux sociaux (et de la manière dont ils sont considérés par l’opinion publique)

Ces chiffres en eux-mêmes n’ont qu’un intérêt relatif. Par ailleurs, ils sont critiquables dans la mesure où nous limitons l’étude des réseaux sociaux aux deux principaux, sans prendre par exemple en compte ni instagram (pourtant primordial pour l’image politique) ni snapchat, qui s’installe en force dans l’horizon virtuel des futurs candidats. Mais l’évolution de ce classement, la hausse ou la baisse de ces chiffres est un marqueur intéressant de l’efficacité de certaines campagnes de communication, et de l’évolution de la perception par l’ensemble des Français connectés.

À suivre…

Anne-Catherine Baechtel

anne-catherine.baechtel@orange.fr